Depuis plusieurs années, des initiatives d’urbanisme transitoire se multiplient en réponse aux coûts d’immobilisation des terrains et des immeubles vacants qui sont de plus en plus élevés. La durée des projets urbains s’est allongée (le portage de projet d’une ZAC peut nécessiter 10 à 15 ans) et cette immobilisation est devenue de plus en plus coûteuse en raison du renchérissement des prix de l’immobilier, notamment en matière de sécurisation et de gardiennage (10000 à 15000 euros par mois). Des espaces en déshérence sont reconvertis de façon légale en «terrasses éphémères», en lieux d’exposition ou de concert, des hangars et des bureaux vides sont loués à des occupants temporaires, moyennant un bail dérogatoire ou une convention d’occupation temporaire, des centres de maintenance ou des nefs d’usine immenses accueillent des
espaces de coworking, des incubateurs, des ateliers d’artistes, des villages d’entrepreneurs sociaux ouverts au grand public dans l’attente de leur reconversion ambitieuse qui peut nécessiter un projet échelonnée sur de très nombreuses années…

Devant le succès de ces initiatives, les élus et les collectivités peuvent se retrouver confrontés au dilemme de devoir choisir entre une ambition de changement et la demande des habitants qui souhaitent un ancrage durable dans les lieux réinvestis.

Ce récit doit-il s’achever ? Les collectivités publiques seront-elles en capacité de le prolonger ? Accepteront elles de le faire ? En signant des autorisations temporaires d’occupation, les résidants acceptent de quitter les lieux à une date déterminée mais elles ont fait exister ces lieux, elles ont réussi à y créer des communautés et des synergies entre différents
acteurs. Une fois que les résidants sont partis, la collectivité ou l’aménageur doit s’assurer d’un relai efficace sous peine de perdre les bénéfices de l’usage de préfiguration, pour éviter que le rôle de l’occupation temporaire ne se réduise à servir de «showroom des  usages à venir» ou d’intervalle vertueux obligé avant l’opération immobilière.

Cliquer ici pour accéder à l’étude 

DERNIERS TRAVAUX DE CETTE THÉMATIQUE

La fabrication des espaces publics

Les espaces publics, une valeur pour construire la ville 

CARNET DES FORMES URBAINES : Vers une qualité urbaine, architecturale et paysagère

Les espaces publics, une valeur pour construire la ville 

COMMENT LE PATRIMOINE EST-IL RÉEMPLOYÉ DANS LA MÉTROPOLE AMP ?

Aujourd'hui, le patrimoine n’est plus seulement considéré comme un inventaire d’éléments bâtis menacés à préserver…

COMMENT LE PATRIMOINE EST-IL RÉEMPLOYÉ DANS MARSEILLE ?

Aujourd'hui, le patrimoine n’est plus seulement considéré comme un inventaire d’éléments bâtis menacés à préserver…