Succès du livre d’urbanisme ? avec la librairie Imbernon

mercredi 6 mars 2013

Dans le cadre de l’exposition « Marseille, de la ville à la métropole - Un demi-siècle d’histoire urbaine » organisée par l’Agam du 24 novembre 2012 au 9 mars 2013, un atelier s’est tenu sur le thème « le succès du livre d’urbanisme » avec des professionnels du livre et de l’urbanisme et en partenariat avec la librairie Imbernon à Marseille.


L’objectif de cet atelier et de cette collaboration était de placer le livre comme un support de communication et d’information ainsi qu’un outil de transmission au sein de cette exposition. Dans cette optique, dix livres de référence ont été sélectionnés par la libraire Katia Imbernon. La librairie marseillaise, spécialisée en architecture, avait déjà collaboré avec l’Agam en 2006 pour la publication de l’ouvrage Densité et formes urbaines dans la métropole marseillaise.  

L’atelier a mis en exergue les problématiques et enjeux communs entre les différentes structures (centres de documentation, bibliothèques universitaires, bibliothèques publiques, librairies). En effet, lorsqu’on évoque la question du succès pour un livre, dans le domaine de l’urbanisme comme dans les autres domaines, les questions de médiations culturelles, de classification des documents et de valorisation des fonds sont soulevées par l’ensemble des acteurs.

Le domaine de l’urbanisme est souvent perçu comme « réservé aux experts », pourtant l’exposition de l’Agam a montré un réel intérêt du public pour ces sujets et une attente importante d’information et de documents. L’intérêt de développer la médiation est d’autant plus important dans ce contexte.

Les structures spécialisées situées en région PACA telles que l’Agam, le CAUE des Bouches-du-Rhône, la MAV ou encore l’Ecole nationale d’architecture, œuvrent pour la diffusion de l’architecture contemporaine et l’urbanisme auprès du grand public à travers des publications, des expositions ou des ateliers. Dans la région, alors que la MAV ne possède volontairement pas de fonds documentaire, le CAUE des Bouches-du-Rhône a ouvert depuis peu les portes de son centre de documentation au public. L’Agam accueille un public spécialisé dans son centre de documentation depuis plus de 40 ans. La bibliothèque de l’ENSA est ouverte à tous pour la consultation sur place, ce qui permet aux simples amateurs d’art et d’architecture comme aux professionnels d’avoir accès aux nombreux documents.

Ces structures peuvent être un appui aux bibliothèques de la région, le CAUE a évoqué l’idée de soutenir la constitution de collections sur les thèmes de l’architecture et de l’urbanisme dans les bibliothèques municipales. A Aix-en-Provence, il serait pertinent de réaliser des passerelles entre l’association Image de Ville, destinée à encourager et favoriser la création et la production cinématographique sur l’architecture et l’espace urbain, la bibliothèque Méjanes, toutes deux implantées dans un lieu culturel fort, la Cité du livre, et les structures citées auparavant afin de constituer un fonds spécialisé conséquent et de pouvoir le mettre en valeur.

Du côté de la lecture publique, selon Aurélie Giordano de l’Agence Régionale du Livre PACA, les fonds spécialisés en architecture et urbanisme sont assez peu présents en bibliothèque, bien que les volumes soient parfois conséquents, puisqu’elles se veulent généralistes et accessibles à tous. Il faut alors une médiation et des animations adaptées afin de communiquer, montrer et valoriser ces thèmes là qui sont souvent noyés sous la masse des publications littéraires annuelles. Ainsi, les bibliothèques de la ville de Nice ont réussi, grâce à un travail en réseau, à mettre en avant leurs fonds spécialisés.

Paradoxalement, les fonds Architecture et Urbanisme des bibliothèques de Marseille sont moins visibles, bien qu’ils soient plus riches. Un travail de sensibilisation et de pédagogie a cependant était réalisé par le département jeunesse de la bibliothèque de l’Alcazar et la librairie Imbernon à Marseille autour de l’architecture et de la ville,  adressé en particulier aux enfants mais également aux parents, enseignants et professionnels. En effet, en 2010, elles organisent la manifestation « Quand l’architecture se livre… », avec pour invité l’auteur et illustrateur pour la jeunesse Claude Ponti, puis « Oh Pop-up Hourra ! » en 2012, qui mettait à l’honneur le livre pop-up ainsi que le travail de deux artistes, David Carter et  Philippe UG.

Un second enjeu a été soulevé, celui de la valorisation par les libraires et éditeurs des champs architecture et urbanisme. Afin que ces derniers soient visibles, il faut que l’éditeur prenne davantage en charge, en plus de la conception, la communication et la diffusion des ouvrages. Les libraires, également acteurs de la diffusion du livre, ont à leur initiative sa mise en valeur auprès des clients, par le biais du conseil et des animations. Nous constatons tout de même qu’un large public de plus ne plus curieux s’intéresse à ces thèmes. C’est certainement pourquoi, dans le cadre de l’année Marseille capitale européenne de la culture, les éditeurs publient ou réimpriment des ouvrages sur l’histoire de la ville et de ses alentours, la culture et les arts dans la cité phocéenne et enfin les catalogues des expositions annoncées en 2013.

Enfin, l’atelier s’est terminé sur la question de la pertinence du livre numérique pour les domaines de l’architecture et de l’urbanisme.

Deux aspects sont à distinguer : le fait de numériser des documents et donc de les proposer en format PDF et celui d’éditer numériquement, c’est-à-dire à un format compatible avec les tablettes et les liseuses. Pour l’instant, la numérisation est plus simple et plus rapide. Par exemple, grâce à cette pratique, des travaux d’étudiants, des publications universitaires ou autres peuvent être diffusés au grand public et être donc des sources d’information pour d’autres recherches. L’inconvénient de la numérisation est que l’on ne peut pas travailler directement sur le texte, insérer des liens hypertextes… alors que la lecture sur tablette permet cela. Néanmoins, équiper les bibliothèques de liseuses et de fichiers adaptés à ces supports reste encore aujourd’hui très onéreux et très compliqué par rapport aux droits d’auteurs et aux possibilités de prêt. De plus, il faudrait former les professionnels avant de proposer ces supports au public afin de l’accompagner dans son apprentissage aux nouveaux usages et nouvelles pratiques de lecture.

Depuis plusieurs dizaines d’années, les problématiques des bibliothèques publiques et spécialisées sont les mêmes,  valoriser les fonds dans le but de mieux diffuser les ressources documentaires, autant aux lecteurs qu’aux structures partenaires. L’arrivée du numérique ne permet pas encore de modifier les choses car il est un médium pour l’instant trop peu développé pour l’ensemble des thématiques éditées qui viendra compléter le support papier ?!

Pour conclure, l’ensemble des acteurs présents se rejoignent pour affirmer que la médiation peut se travailler de manière coordonnée entre tous les acteurs, surtout dans le cadre d’une thématique spécialisée. Les documentalistes peuvent appuyer les bibliothécaires, un travail en relation avec les éditeurs et les librairies est nécessaire pour la valorisation des ouvrages auprès du public. Le travail de réseau entre les structures publiques et spécialisées est une piste de développement pour une meilleure efficacité de médiation de la thématique de l’urbanisme et de l’architecture auprès du public.

 



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