les outils statistiques pour mieux comprendre la ville avec l'INSEE

mardi 5 février 2013 

Dans le cadre de l'exposition, l'Agam a mis en place des ateliers techniques à destination des professionnels. Le premier atelier s'est déroulé le mardi 5 février en partenariat avec l'INSEE. le thème abordé : "les outils statistiques pour comprendre la ville" a rencontré un vif succès avec près de 50 professionnels réuni au hall Castel.

Retrouvez ci-dessous l'essentiel à retenir :

Introduction Olivier BIAU (INSEE/PACA)
Créé en 1946, l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE) a, en 60 ans, connu une révolution de ses outils : de la mécanographie à l’internet en passant par le minitel, le mode de production et de diffusion des chiffres a spectaculairement changé. Aujourd’hui, de nombreuses données sont accessibles directement et gratuitement sur le site insee.fr. Un regard furtif sur le rétroviseur rappelle que le fichier sur les établissements (SIRENE) a été créé en 1973, et que la base permanente des équipements avait pour « ancêtre » l’inventaire communal de 1970. Au chapitre des dernières innovations, il convient de souligner la mise en place des cartes interactives en 2008 et, pour ce qui concerne le recensement de la population, l’expérimentation en cours pour accéder au questionnaire en ligne…

> Téléchargez l'introduction de l'Insee ou visualisez la en ligne :

Séquence 1 : les grands territoires par Christophe BARRET (INSEE/PACA)
En introduction, il est présenté une carte d’évolution des densités de la population à l’échelle régionale de 1876 à nos jours. Au fur et à mesure de l’animation, apparaissent et s’étendent les espaces urbanisés autour des grandes villes : Marseille, Nice, Toulon. Celle-ci donne un bon aperçu du phénomène de la métropolisation d’une partie du territoire et, au cours de la période la plus récente, montre comment le « rural profond » tend à se réduire dans l’arrière pays. Les concepts de tache urbaine, d’unité urbaine et d’aire urbaine constituent des zonages réalisés pour mesurer et comprendre les territoires. La carte de la tache urbaine de 2010 montre la réalité du continuum urbain formé par l’agglomération Marseille-Aix.

Le principe d’une unité urbaine, basé sur la continuité du bâti (pas de coupure de plus de 200 mètres) et sur un seuil de population (plus de 2000 habitants) permet de distinguer le monde de « l’urbain » et celui des communes rurales. Il permet aussi de dessiner des agglomérations par juxtaposition de communes qui présentent une continuité du bâti. Si l’unité urbaine traduit une réalité « physique » du lien entre les communes, elle ne prend pas en compte les liens existants au plan des échanges liés aux trajets domicile- travail.

C’est pourquoi l’INSEE a créé le concept « d’aire urbaine » qui s’appuie sur des unités urbaines comptant plus de 10 000 emplois – dits pôles urbains »- et qui associe une couronne périurbaine composée de communes qui sont dans la mouvance économique du pôle urbain. Ces zonages servent à former des territoires d’études « cohérents » pour lesquels on peut facilement disposer de données statistiques. Ils permettent aussi de comparer les territoires entre eux et de suivre leur évolution dans le temps.

Plus récemment, l’INSEE s’est intéressé aux dynamiques de métropolisation et a développé un outil permettant d’apprécier le rayonnement et les réseaux de villes. Il s’agit ici d’analyser les réseaux d’une zone d’étude et de quantifier et de qualifier ses liens avec les territoires proches ou plus lointains. L’outil permet aussi d’établir le degré de métropolisation des zones étudiées à travers quelques indicateurs européens et mondiaux. Enfin, à travers les « diagnostics de territoire », l’institut propose des portraits territoriaux qui permettent de dégager les spécificités, les forces et les faiblesses d’un territoire.

> Téléchargez la Séquence 1 ou visualisez la en ligne :

Séquence 2 : l’approche infra-communale par Jacques POUGNARD (INSEE/PACA)
La disparition des données à l’îlot en 1999 a mis en émoi les professionnels de l’urbanisme qui travaillaient à une échelle très fine. En remplacement, l’INSEE a créé une nouvelle brique de base de diffusion des données issues du recensement : les Ilots Regroupés pour l’Information Statistique, communément connus aujourd’hui sous le terme « d’IRIS ». Ces IRIS, doivent compter au moins environ 2 000 habitants. Ils contiennent toutes les informations issues du RP à l’exception de l’emploi. Progressivement, d’autres sources ont nourri l’information disponible à l’échelle des IRIS : Pôle emploi (marché du travail), DADS (salariés), RFL (revenus fiscaux localisés), SIRENE (établissements)… Malgré la richesse des données, l’IRIS souffrait d’un handicap : leurs contours ont été prédéterminés et ne correspondent pas toujours aux périmètres « pertinents » des aménageurs et des urbanistes. C’est pourquoi l’INSEE propose désormais des « IRIS à façon » qui s’inscrivent dans un process de diffusion à infra communale à façon dit « DIAF-RP ». Moyennant l’achat d’une licence (300€), l’utilisateur peut disposer des données sur l’IRIS qu’il aura lui-même dessiné, à condition qu’il regroupe au moins 2000 habitants et qu’il débourse 50 € !

Enfin, dans le monde du « micro », la dernière innovation de l’institut concerne l’analyse carroyée, un nouvel investissement-outil cartographique qui permet de mettre en évidence les disparités infra-communales. Le principe est simple : on couvre le territoire de carreaux de 200 mètres par 200 mètres et on s’affranchit ainsi du maillage de restitution hétérogène. Grâce au principe de sous-représentation/sur-représentation par rapport à une valeur moyenne (de son choix), l’analyse carroyée offre une vision très précise des phénomènes à l’œuvre au sein d’un territoire communal.

Et les représentations sont nombreuses et éclairantes : représentation des chômeurs, des étudiants, des bas revenus etc. Petit « plus » de l’analyse carroyée, il est possible d’avoir plusieurs référentiels. Par exemple, avec un premier référentiel communal, apparaitront les zones d’une commune où les chômeurs sont proportionnellement plus nombreux que dans le reste de la commune. Le recours à un autre référentiel, par exemple régional, (pour les mêmes données), apparaitront alors les zones sur-représentées par rapport à la moyenne régionale. Une multiplicité de lecture qui facilite la compréhension… Enfin, depuis début février, 23 indicateurs « carroyés » sont disponibles gratuitement sur le site de l’INSEE !

> Téléchargez la Séquence 2 ou visualisez la en ligne :

Séquence 3 : un témoignage de l’utilisation des données à l’infra communal : Jean-Claude JAILLET de la Direction Régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale (DRJSCS).
La DRJSCS a décidé de travaillé avec l’analyse carroyée pour avoir une meilleure connaissance des quartiers qui relèvent de la politique de la ville. Grâce au diagnostic livré par l’analyse carroyée, la DRJSCS peut ainsi prioriser l’intervention dans les quartiers sur des critères objectifs et aider les acteurs à anticiper les contrats. Un chantier important puisqu’on comptabilise 282 quartiers prioritaires en région PACA répartis dans 53 communes regroupant 20% de la population régionale. Concrètement, l’analyse carroyée a permis de classer les quartiers en huit catégories. Cette typologie qui va des quartiers les plus en difficulté aux quartiers les moins en difficulté, s’appuie sur un indicateur-clé : la « pauvreté monétaire ». D’autres indicateurs (part des jeunes, part des grandes familles, des familles monoparentales etc.) permettent d’affiner la typologie. L’étude a permis de montrer que les situations de précarité étaient plus hétérogènes en région PACA qu’à l’échelle nationale. Elle a permis aussi de réaliser un meilleur ciblage des populations les plus précaires et de mettre en œuvre des outils pour l’aide à la décision.

> Téléchargez la Séquence 3 ou visualisez la en ligne :



onlyspanking.org