La Fédération nationale des agences d’urbanisme (FNAU) vient de publier une étude sur l’emploi local face à la crise de 2008-2009 réalisée par le Club des économistes.
Comment cette enquête a-t-elle été réalisée ?
L’ampleur de la crise de 2008-2009 est telle qu’elle méritait une enquête précise sur l’ensemble du territoire français car les effets de cette crise sont très différenciés selon les territoires. Le réseau de la FNAU nous permet d’avoir une force de frappe importante. Grâce à la contribution de 13 agences d’urbanisme, nous avons pu analyser un peu plus de 150 bassins d’emploi qui concentrent 82 % de l’emploi salarié privé. Ce travail est riche des complémentarités et de la diversité des compétences des techniciens des agences d’urbanisme et permet l’illustration par des exemples locaux précis et pertinents.
Pourquoi les effets de la crise sont-ils si différents ?
En effet, les disparités sur l’emploi sont importantes selon les régions. Certains territoires perdent jusqu’à 8 % de leur emploi sur 2008 et 2009 alors que d’autres en gagnent 9%, l’évolution nationale étant autour de -2%. Certes, l’hétérogénéité pré-existait mais la crise a accentué les inégalités et a touché de plein fouet les territoires les moins armés. La crise a eu d’abord un rôle d’accélérateur d’inégalités. Cette analyse nous renseigne aussi sur les mutations et les dynamiques qui transforment l’économie française et notamment sur l’accentuation du processus de désindustrialisation ainsi que sur le mouvement de recomposition du territoire français au profit d’agglomérations conjuguant aménités et compétences. La question posée est celle de l’efficacité économique globale de ce mouvement.
Quels sont les territoires qui résistent le mieux et pourquoi ?
Ce sont les métropoles qui s’en tirent le mieux essentiellement grâce à la diversité de leur tissu économique. Par ailleurs, les grandes villes s’inscrivent dans une double dynamique avec d’un côté un rayonnement métropolitain important qui leur permettent de développer des emplois de cadres stratégiques. D’autre part, l’attractivité résidentielle. La dimension géographique existe aussi : sur les 15 villes les moins impactées par la crise, 10 sont du Sud de la France. Cependant ces deux dynamiques ne sont que des dominantes qui ne garantissent pas à 100% les capacités de résistance face à la crise.
Il faut rappeler qu’à l’origine, il y a une crise financière. La contraction du crédit a fait basculer les secteurs dont la demande est alimentée par le crédit : notamment le secteur automobile et le bâtiment. Les bassins d’emplois plutôt spécialisés pourtant dynamiques comme Grenoble, Rennes ou Vannes ont été très touchés par la crise.
> Consultez le dossier de la FNAU : l'emploi local face à la crise de 2008 à 2009, un révélateur de divergences territoriale
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